FOCUS SUR L'Économie Sociale et Solidaire

C’est la réaction aux violences sociales qui accompagnent la révolution industrielle du XIXe siècle qui marque véritablement la naissance de l’économie sociale en France et en Europe.  Sous l’influence de différents courants (socialistes, chrétiens, libéraux, anarchistes) et à l’initiative du mouvement ouvrier et du patronat social, de nombreuses initiatives voient le jour pour lutter contre les inégalités, l’injustice, la pauvreté…

 

L’idée d’une économie « sociale » apparaît au cours des années 1830-1840. Ce terme exprime alors une volonté de réformer la société, en humanisant les rapports économiques. Le terme va s’appliquer progressivement aux activités des sociétés de secours mutuel, des coopératives et des associations, qui viennent tempérer les méfaits sociaux du capitalisme en plein essor.

 

En 1901, la loi sur la liberté d'association légalise les mouvements associatifs préexistants et permet la naissance en toute liberté d’associations innombrables.

 

Dans les années 1980, l’émergence de nouvelles questions sociales développe l'économie solidaire avec des initiatives collectives portant notamment sur le développement local, le commerce équitable…

 

Elles reposent sur des solidarités de proximité, volontaires et choisies et mobilisent tout autant les bénévoles et les usagers que les salariés employés à leur réalisation. Ces expériences entendent associer à la création d'emplois, le renforcement du lien social et des pratiques démocratiques renouvelées.

 

En 1981, l’expression « économie sociale » entre dans le droit français avec la création de la Délégation Interministérielle à l‘économie sociale (DIES).

 

En 2000, la création d’un Secrétariat d’Etat à l’Economie Solidaire a marqué une nouvelle étape de la reconnaissance de cette économie alternative.
Pour prendre en compte la diversité d’initiatives, anciennes ou nouvelles mais toutes animées du même esprit -
mettre l’homme au centre de la préoccupation de l’activité et entreprendre ensemble autrement.

Les entreprises qui s’inscrivent dans l’Économie Sociale et Solidaire peuvent revêtir différentes formes entre mutuelles, entreprises commerciales d’utilité sociale, fondations, coopératives ou associations, mais fonctionnent et dirigent leurs activités dans le même sens : en conciliant Solidarité, utilité sociale et performances économiques.

Les structures de l’ESS ont pour objectif de lutter contre l’exclusion, de promouvoir l’insertion sociale ou professionnelle tout en recherchant un ancrage territorial et une mobilisation citoyenne.

La loi ESS du 31 juillet 2014 pose -pour la première fois- un périmètre clair de l'économie sociale et solidaire.

Il inclut les acteurs historiques de l’économie sociale que sont les associations, les mutuelles, les coopératives et les fondations, mais intègre également de nouvelles formes d’entreprenariat.

L'officialisation de ce périmètre est un levier important pour sa prise en compte dans les politiques publiques nationales ou locales, dans les outils d'observation et d'analyse du développement économique et social.

La loi du 7 août 2015 portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République, dite loi Notre, impacte le paysage institutionnel de l’économie sociale et solidaire. Confiant aux régions la compétence économique, elle impose à celles-ci d’inscrire un volet ESS dans leur plan de développement économique. 

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